Boxer : cynophilie
le chien

Boxer : cynophilie

Le terme de cynophile désigne, en langue française, la personne qui aime et s’intéresse aux chiens, et la cynophilie officielle est l’ensemble des règles et organismes qui permettent aux activités de sélection et de sauvegarde des races de prendre toute leur ampleur et d’avoir une identité propre.

Pendant longtemps, l’espèce canine s’est reproduite au hasard des rencontres, sans qu’il y ait d’intervention de l’homme quant au choix des reproducteurs. Le chien a sans doute commencé par servir l’homme en tant qu’auxiliaire de chasse à qui ce dernier laissait quelques alimentations en échange de cette aide précieuse. Au fil du temps, ces animaux sont restés en contact étroit avec les humains, allant jusqu’à partager une partie de leur vie, se reproduisant même dans leurs campements. Progressivement, le chien a pu mettre en exergue d’autres de ses qualités : la garde des troupeaux et des personnes, la traction de charges, les diverses chasses… Les chiens bénéficient alors d’une sélection qui n’est plus tout à fait naturelle, mais qui n’est pas encore celle que nous connaissons à l’heure actuelle : tout d’abord l’évolution se fait en fonction du milieu dans lequel les chiens vivent, c’est-à-dire que leurs poils, leurs gabarits, leurs caractères s’adaptent aussi bien au climat de leur lieu de vie qu’au style de relief de ce dernier (de façon naturelle un animal vivant au bord de mer en Angleterre ne présentera pas les mêmes caractéristiques morphologiques que celui qui se situe dans les montagnes neigeuses du Caucase ou dans le désert nord-africain). Ensuite, le caractère et la morphologie s’adaptent à l’utilisation pour laquelle on les réserve (un chien de trait n’est pas identique à un chien de berger ou un chien de chasse). Petit à petit, l’humain a sélectionné les reproducteurs, mais cela sans aucune arrière-pensée concernant le respect d’un esthétisme, le respect d’un esthétisme quelconque ou critère, quel qu’il soit, si ce n’est l’efficacité. Un chasseur fera seulement reproduire son chien s’il fait bien son travail, et ne lui “offrira” qu’une lice qui débusque bien le gibier. C’est de cette façon que la plupart des races ont débuté : les caractères (physiques et intellectuels) se sont fixés et les chiens de mêmes régions et de mêmes fonctions ont commencé à se ressembler.

C’est enfin au XIXe siècle que l’on va commencer à s’intéresser plus sérieusement au chien et à sa sélection scientifique. Cet engouement n’est pas propre au chien seulement, il a trait à tout ce qui se rapporte à la zootechnie, et en particulier l’élevage des animaux de ferme : vaches, chevaux, porcs, moutons….. C’est une époque où les progrès des sciences et les besoins de consommation et de rentabilisation vont être associés de manière à produire plus et avec une meilleure qualité. On maîtrise alors les techniques de consanguinité, en particulier grâce aux recherches et actions du Britannique Bakewell, ce qui permet, entre autres choses, de créer des races ovines telles que le Southdown, et de donner une importance particulière à la pureté des races.

À partir de 1859, le chien devient, outre un animal utilitaire, un produit de sélection, grâce à la première exposition canine, à Newcastle. Les Anglais, en avance sur leur temps dans ce domaine, créèrent le Kennel Club (équivalent anglais de la société centrale canine) et son Livre d’origines, inspiré de celui des chevaux, en 1874. Le premier club de race ne se fera pas attendre beaucoup plus longtemps, puisqu’il s’agira du Bulldog Club, qui apparaîtra en 1875.

Le Boxer Club de France vit le jour à Strasbourg en 1922.

La société centrale canine

Naissance et histoire

La société centrale canine (SCC) a été créée en 1882 par des chasseurs français voulant développer l’obtention de bons chiens pour leurs activités et qui prirent exemple sur le Kennel Club anglais. Le rôle avoué de cette organisation privée était de sauvegarder les races canines françaises et d’acclimater à notre pays les meilleures races étrangères.

Le président-fondateur de la SCC, M de Nicolay, et ses acolytes ont rapidement mis au point un système de fonctionnement logique et indispensable pour mener leur tâche à bien. Ils ont en particulier mis en place le Libre des origines français (LOF) en 1885 et organisé des expositions canines permettant de regrouper des chiens de même race pour les juger et vérifier s’ils correspondaient aux critères de ces dernières.

En 1863, se tint la première exposition canine en France, au Jardin d’acclimatation, et on n’y vit que des races bergères que l’on ne différenciait que par leur région d’origine.

En 1883, la première exposition canine officielle de la SCC organisée en France eut lieu à Paris. Lors de cette même année, le LOF a enregistré environ 200 chiens, dont 180 de chasse, répartis en 20 races répertoriées. Quand on sait que maintenant sur des expositions durant deux à trois jours, on peut compter 2000 à 3000 chiens par jour….

Le livre des origines français

L’inscription au livre des origines

Dans le jargon des expositions, vous n’entendrez jamais parler du Livre des origines français, mais plutôt du LOF, de la même façon que l’on ne parle pas de la Société centrale canine, mais de la SCC.

Le LOF est une sorte de registre dans lequel sont tenues toutes les informations de naissance de chiens de pure race. Si l’éleveur fait les choses correctement, tout chien issu de parents ayant un pedigree est inscrit au LOF, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il possèdera lui même un pedigree : un animal inscrit au LOF a du “sang pur” alors qu’un autre avec un pedigree a, en plus, passé un examen attestant qu’il est conforme au standard de sa race.

Du point de vue pratique, lorsqu’une saillie est réalisée, l’éleveur adresse à la SCC une “déclaration de saillie” comportant les renseignements relatifs aux reproducteurs : date de naissance, couleur et variétés éventuelles, numéro d’inscription au LOF, numéro de tatouage… Il reçoit en retour une “déclaration de naissance” et une “demande d’inscription de portée” qu’il renverra à nouveau à la SCC après les avoir remplies, et dans les délais impartis. Par la suite (les démarches ne sont souvent pas terminées lorsque vous prenez possession du chiot), l’éleveur recevra un “certificat de naissance” qu’il vous fera parvenir. Sur ce “certificat de naissance” figure la généalogie du chiot sur trois générations. Le chien est officiellement inscrit au LOF !

 

En 1910, la SCC et son équivalent belge (la société Saint-Hubert) décident de fonder la Fédération cynologique internationale (FCI).

En 1914, la SCC est reconnue d’utilité publique.

En 1957, le LOF est inscrit au registre des Livres généalogiques reconnus par le ministère de l’Agriculture.

En 1965, un décret attribue à la SCC un siège au Conseil supérieur de l’élevage (section des élevages spéciaux).

En 1969, le 22 mai, elle devient un organisme agréé du ministère de l’Agriculture, avec la responsabilité de tenir le Livre généalogique.

En 1971, par un arrêté du 16 février, elle est assermentée pour s’occuper de l’identification des chiens à l’aide du tatouage et tenir le fichier national canin.

Depuis 1980, ce fichier national est tenu à l’aide d’un système informatique.

 

Le fichier central

Il s’agit là d’un des rôles de la SCC les plus importants, et qui ne concerne pas que les chiens de race. En effet, ce fichier central gère tous les chiens qui portent un tatouage, un peu à la manière de l’immatriculation des véhicules. La carte de tatouage qui revient au propriétaire de chaque chien tient lieu de “titre de propriété”. En effet, sur cette carte figurent les noms et coordonnées du maître ; ces éléments sont répertoriés dans le fichier central, et seule la personne ainsi nommée est considérée comme possédant légalement l’animal. En dehors des coordonnées du propriétaire du chien, doivent figurer sur la carte de tatouage : son emplacement (il peut être soit à l’intérieur de la cuisse, soit dans l’oreille, aussi bien à droite qu’à gauche), le nom complet du chien (affixe compris), sa race (et sa variété), et sa date de naissance. Lors de l’acquisition du chiot, la carte de tatouage comporte deux parties :

  • la partie B devra être envoyée, après apposition de la signature de l’éleveur et de celle du propriétaire actuel, sous huit jours, à la SCC, qui la renverra directement au nouveau propriétaire au bout de quelques semaines. Depuis 1993, il n’est plus nécessaire d’affranchir cet envoi
  • la partie A reste la propriété de l’acheteur. Cette carte revêt une importance capitale, puisqu’y sont inscrits les noms des propriétaires et des producteurs de l’animal, comme cela a été précisé un peu plus haut. De plus, en cas de perte ou de vol du chien, c’est la seule pièce officielle qui puisse attester son appartenance à quiconque. Le fichier central de la SCC, qui gère plusieurs millions de chiens, permet d’en retrouver, grâce à ce procédé, quelques milliers par an.

 

La confirmation

Pour que ce LOF (que l’on nomme parfois pedigree provisoire) se “transforme” en pedigree définitif, il faudra aller à une séance de confirmation quand votre chien aura terminé sa construction osseuse. Si, à la séance de confirmation, le juge constate que le chien est bien dans les normes des critères de race, celui-ci obtiendra son pedigree définitif et le monde des expositions lui sera ouvert.

La différence entre le fichier dit “ouvert” et le fichier dit “fermé” est la suivante : le second est réservé aux inscriptions au titre de la descendance tandis que le premier permet à des chiens dont les parents ne sont pas connus, ou qui ne possèdent pas de pedigree, d’être inscrits “à titre initial”. Après trois générations d’inscription sur ce livre ouvert, il est possible d’envisager une inscription sur le livre fermé, c’est-à-dire au LOF.

La fédération cynologique internationale

En 1908, la Belgique créa son Union cynologique Saint-Hubert ; et en 1911, le 22 mai, avec l’aide de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche et des Pays-Bas, elle fit adopter les premiers statuts de la FCI. Cet organisme est resté, jusqu’au jour de la rédaction de ce texte, domicilié en Belgique.

La Première Guerre mondiale mettra rapidement, mais momentanément, un terme à cette fédération. Elle a été reconstitué par la France et la Belgique peu après la fin du conflit.

Le but de la FCI est d’encourager et de protéger la cynologie et l’élevage de chiens de pure race : c’est elle qui est considérée comme l’autorité mondiale dans ce domaine. Elle ne reconnaît qu’un organisme responsable pour chaus pays affilié (la SCC pour la France).

La FCI fait donc effet de lien entre les organismes cynologiques des différents pays qui y sont rattachés, permettant ainsi d’offrir une cohérence internationale. Un de ses rôles primordiaux est donc de diffuser les standards des pays d’origine de chaque race qu’elle reconnaît, mais il en est bien d’autres moins connus :

– Réaliser des études scientifiques permettant l’amélioration des races canines et en particulier sur les thèmes suivants :

  • études épidémiologiques
  • études sur les empreintes génétiques
  • études sur la propagation de certaines atteintes pathologiques
  • études sur les problèmes de dopage (qui sont de plus en plus à craindre)

– Effectuer la reconnaissance mutuelle et exclusive des affixes et la création d’un répertoire international des affixes (lorsqu’un particulier désire devenir éleveur, il propose trois affixes à la FCI, et cette dernière tranche sur celui qui deviendra celui de l’élevage).

– Effectuer la reconnaissance mutuelle des règlements et des pénalités.

– Organiser des congrès cynologiques.

De plus la FCI homologue les CACIB (Certificat d’aptitude au championnat international de beauté) et les CACIT (certificat d’aptitude au championnat international de travail).

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